Référence de cet article : Michel Potier Montgeron

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Vendredi 18 août 1944, Montgeron.

   Pourquoi cette date choisi parmi les nombreux jours écoulés depuis le 23 novembre 1938 (un mercredi), jour de ma naissance. De ce jour-là je me souviens de certains fais. J'avais 6 ans. Par quelle circonstance mon Père, ma Mère, ma Grand-Mère, mon frère Claude âgé de 10 ans et moi nous nous trouvions réuni sur le pas de la porte de la grille du jardin du 66 rue du Repos à Montgeron? Comme raconté dans l'article ci-dessous, un grand nombre de personne passait devant nous. Un de ces Montgeronnais nous indiqua qu'un train rempli de ravitaillement était immobilisé sur la voie ferré passant par Vigneux. Que les Allemands distribuaient cette nourriture (a t'il dit réellement allemand ou un autre nom désignant ces troupes d'occupation ?). Mon Père pris donc la brouette en bois du jardin et suivis le flot de tous ces gens. Quelques instants plus tard ma Grand-Mère suggéra à mon frère de rejoindre notre Père afin de ramener plus de vive. A quel moment mon Père fit faire demi-tour à mon frère cela je me pourrai vous le dire. De retour à la maison mon Père passa un sévère "savon" à ma chère Grand–Mère. Que ramenai mon Père dans la brouette verte? En détail je ne pourrai vous le dire. Le seul souvenir un grand sac (en toile de jute ou en papier), ce détail a eu peu d'importance pour moi, mais le souvenir que ce sac ayant été stocké dans notre petite chambre, je plongeais ma tête entière dans celui-ci pour happer à peine bouche le SUCRE en POUDRE ce trouvant à l'intérieur J'ai le souvenir aussi que mon Père nous raconta le triste malheur qui était arrivé à une femme. Je n'ai pas en mémoire qu'il raconta la disparition d'un homme.
Pour me rendre à l'école Jean Macé situé sur la place de l'Eglise je passai devant une stèle qui se trouvait à l'époque sur le trottoir face au monument aux Morts. Je regardai les noms qui y étaient gravés en pensant au récit que nous avait fait notre Père. Depuis cette stèle à été intégré au monument aux Morts.

PS : J'ai raconté ce souvenir à plusieurs personnes. L'une d'entre elle a émis un doute sur le contenu du sac. A l'époque on broyait du sucre en morceaux pour obtenir une poudre. Oui certainement, je n'en doute pas, j'ai vu ma Mère faire cela avec une bouteille en guise de rouleau, les morceaux étant dans un linge. D’où une recherche sur la toile.
Pour voir le document trouvé :  Sucre en poudre

66 Repos
Photo 1942 : Notre Mère, Daniel, Michel, Claude


18 août 1944, Vigneux-sur-Seine.

   18 août 1944, Vigneux-sur-Seine : un train allemand est immobilisé sur la voie de chemin de fer. Les soldats, paraît-il, vont procéder à une distribution avant de brûler les wagons. La population civile accourt. Du ravitaillement à récupérer ? Quatre longues années de privations, l’approche de la libération… Au diable le danger ! René Bordier, 40 ans, son épouse Suzanne, 36 ans, et leur fils Jean, 10 ans, ont fait le chemin depuis Montgeron où ils demeurent. Mais la foule est trop dense. Les Allemands, débordés, ordonnent sa dispersion. N’arrivant pas à se faire entendre, ils ouvrent le feu. Suzanne, enceinte, est touchée la première. Elle s’affaisse. René se précipite. Il reçoit à son tour une balle mortelle. Le petit Jean court vers ses parents. Un homme l’attrape et le tire pour le mettre à l’abri. L’abbé André Letellier, curé de Vigneux et membre de la résistance, parvient à stopper le massacre mais il y a eu de nombreuses victimes. Les deux corps sont ramenés, recouverts de sacs, dans des brouettes jusqu’au domicile familial rue de la Glacière. Jean qui gardera longtemps « l’odeur de la mort dans le nez » - il faisait chaud en ce mois d’août 1944 et l’enterrement n’intervint que quelques jours plus tard - sera reconnu pupille de la Nation en 1947 mais ne bénéficiera d’aucun droit à réparation. En effet un décret tardif de 2004 ne prend en compte que les victimes de violences de la « plus extrême inhumanité » (sic).

Train

 

Huit jours plus tard : Samedi 26 août 1944.

Libération de Montgeron. Rue du Point du Jour (René Cassin).

Libération
Mon frère Claude, ma cousine Liliane, un de nos libérateur et moi même

Barre

Pour me contacter au sujet du présent article : MP QN

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